Le fermier ébouillanté de Villefranche-de-Panat. 1932

A Villefranche coquet village 2e refrain
La belle-mère tenait le chaudron
Un crime s’est déroulé Et la fille le versa sauvagement
Jetant l’effroi dans le voisinage Sur sa victime, pauvre innocent
Un brave fermier ébouillanté Qui fut brûlée mortellement.
Passants écoutez
Ce crime sans pitié. On a arrêté ces monstres infâmes
A Millau sont incarcérés
1er refrain La belle-mère et la vile femme
Quand on pense à la victime A Villefranche furent lapidées
Un fermier aux cheveux blancs Pour venger ce fermier
Pour commettre un pareil crime Qui fut ébouillanté.
Il faut avoir un cœur méchant.
3e refrain
Il revenait de son travail Quand on pense que la victime
Après une journée dans les champs Ebouillanté sauvagement
Il gagne la demeure familiale Maudites soient ces mégères indignes
Mais tout à coup le menaçant Qu’elles soient punies sévèrement.
Sans aucun remords
Lui donnèrent la mort.
Air de La Paimpolaise – Source : Al Canton. Conseil général de l’Aveyron
Après avoir épousé la fille aînée du père Fages qui lui donnera deux enfants et un veuvage précoce, Joseph Tourrel marie en secondes noces celle qui n’attend qu’un geste pour lui tendre ses bras et remuer la soupe dans la crémaillère : la sœur de sa défunte épouse. Ainsi fut fait ! Mais tout bascule quand le nouveau couple, sur les injonctions de l’épouse, vient s’établir chez la mère de cette dernière, fraîchement veuve et incapable de diriger la petite propriété, excepté de la voix.
Bientôt, des disputes éclatent, le gendre revendiquant une plus grande liberté d’action que la belle-mère lui refuse obstinément, voulant rester maîtresse chez elle. De plus, la mère et la fille ne faisant qu’une, l’ambiance devient rapidement irrespirable. Jusqu’à ce 8 septembre 1932 où les deux femmes décident, d’un commun accord, de le supprimer.
Joseph Tourrel endormi après une dure journée de labeur, elles préparent une bonne marmite d’eau bouillante et, ensemble, montent la vider sur le pauvre homme. Hurlant de douleur, le malheureux se précipite hors de chez lui en beuglant à qui veut l’entendre que ces coquines de femmes l’ont ébouillanté. Le médecin Julien lui ouvre sa porte et lui porte les premiers soins, le calme et lui conseille, dans un premier temps, de rentrer chez lui pour s’habiller. Mal lui en prend ! À peine a-t-il franchi le seuil de la maison que les deux mégères fondent sur lui, sa femme le saisissant par les cheveux tandis que sa mère le tabasse à grands coups de balai sur ses plaies à vif, ne cessant leur entreprise qu’à la vue des deux voisins accourus à la rescousse. « Cette fois, leur dit l’un d’eux, vous êtes allées trop loin ! Demain, j’avertirai la maréchaussée. »
Transporté le matin même à l’hôpital de Rodez, Joseph Tourrel ne survit pas à ses blessures et expire le 14 septembre. De leur côté, les deux femmes n’ont pas attendu leur reste et se sont carapatées jusqu’à Millau où la police finit par les cueillir.
Jugées en Cour d’assises le 15 mars 1933, la veuve Fages est condamnée à dix ans de travaux forcés et sa fille, à vingt ans.
La Cour de cassation casse la condamnation de la mère, reconnaissant que la peine aux travaux forcés ne peut être légalement appliquée à une septuagénaire. Renvoyée devant la Cour d’assises de l’Hérault, sa peine est modifiée en dix ans d’emprisonnement.


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