Complainte de Sainte-Radegonde. 1944
Afin que notre chère France Heureux de crier au scandale,
Conserve dans son corps meurtri Fiers contre de vils assassins,
Les souvenirs de la souffrance Heureux de mourir sous les balles
Le monde lançait son défi Plutôt que de vivre en larbins,
Malgré les sanglots Défiant leur sort,
Et tous les échos Ils narguent la mort
Viendront de Sainte-Radegonde Et en chantant la Marseillaise
Troublant la paix de nos vallons Ils roulèrent dans leur tombeau
Rappeler à la face du monde Pour prouver, ne vous en déplaise,
Le martyre de l’Aveyron. Que nos martyrs sont des héros.
Un peu partout c’est la déroute ; Ces martyrs de la Résistance,
L’ennemi s’enfuit à grands pas ; Ces morts se lèveront un jour
Cependant qu’au loin sur la route Pour nous prouver que notre France
C’est le cortège du trépas Fut digne d’un pareil amour ;
Et deux camions Malgré les sanglots
Lentement s’en vont C’est tous les échos
Portant leur cargaison humaine Qui viendront de Sainte-Radegonde
Par un dix-sept août radieux Troubler la paix de nos vallons
Pour les auteurs, unique aubaine, Rappelant à la race immonde
Trente patriotes joyeux. Le martyre de l’Aveyron.
Une version remaniée remplace « …la race immonde… » par « à la face du monde… ».
Paroles. Inconnu – Air de la Paimpolaise
Le 18 août 1944 au petit matin, les Allemands quittent Rodez après deux années d’occupation. L’heure de la Libération sonne enfin. Aux cris de joie d’une foule énorme descendue dans les rues succède bientôt un long cri de colère et de douleur. La veille au soir, les troupes d’occupation ont fusillé, à la butte de tir de Sainte-Radegonde, trente patriotes encore prisonniers des geôles allemandes. Cet événement reste l’une des plus grandes tragédies de l’histoire du département.


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