C’est une maison bleue…
« Un endroit pour rêver », telle est la maison d’Euclides Ferreira da Costa, toute en camaïeu de bleu entre ciel et mer.
Sur trois cents mètres carrés de jardin, Euclides a construit amoureusement dix-huit monuments entièrement recouverts de fragments de céramique et d’éclats de verre à la façon d’Isidore, le Picassiette de Chartres. Ici, les œuvres sont à taille humaine. Bestiaire naïf, chapelles colorées et moulins miniatures séduisent les visiteurs.
Euclides, le petit cordonnier du Portugal, devenu maçon en France jusqu’à cette tuberculose qui lui interdit de travailler, a consacré les vingt-sept dernières années de sa vie à composer des « curieuses réalisations » selon les termes de son épouse.
Profondément religieux, cet homme simple gardera toujours la nostalgie de son pays, appelé le pays bleu en référence aux azulejos qui sont un élément essentiel de l’univers artistique portugais. Ces petits carreaux de céramique vitrifiée, habillant les façades et l’intérieur des maisons et des églises, se retrouvent dans chaque village décorant les monuments.

Entre art brut et art inspiré, sa première œuvre est un hommage à la chienne Laïka, le premier être vivant mis en orbite autour de la terre par les Russes en 1957. La chienne mourut quelques heures après le lancement et Euclides lui construisit un mausolée de trois mètres sur deux. Sans doute avait-il été touché par le sort injuste de ce chien bâtard qui paya de sa vie sa soudaine célébrité, rançon de la folie des hommes.
La Maison Bleue est inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis1991, sept ans après la mort du petit cordonnier officiellement reconnu comme un artiste mosaïste exceptionnel.
Département du Calvados. Dives-sur-Mer.


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