Complainte de P.-A. Caumes.1845
La justice sévère En vain sa voix mourante
A décidé de mon sort Implorait ma pitié ;
Le meurtre de mon père Sous ma main délirante
Doit m’apporter la mort… L’instrument avait frappé.
O vous à qui mon crime La nature puissante
Inspire la terreur Dans mon cœur jette un cri
Ah ! Plaignez la victime D’horreur et d’épouvante…
D’une triste fureur. Mais tout était fini.
Que le chemin du vice Le ciel dans sa colère
Est rapide et glissant ! Pour punir mes forfaits
C’est un noir précipice Rejette ma prière
Où l’on tombe en roulant, Et m’ôte ses bienfaits,
Poussé dans ma jeunesse Devant Dieu je soupire
A des crimes honteux Et demande pardon,
On vit avec tristesse Que sa bonté m’inspire
Mes penchants vicieux. Pour obtenir ce don.
Un jour un meurtre inique Dans un cachot bien sombre
Commis par un furieux Courbé sous la douleur,
Effraya Saint-Affrique Mon crime comme une ombre
Et fixa tous les yeux ; Epouvante mon cœur,
On poursuit le coupable Mais un remords sincère
On cherche avec effroi, Désarmera le ciel,
Et cet homme exécrable Mon ardente prière
C’est Caumes, c’était moi. A fléchi l’Eternel.
Quand je me représente Mais puisqu’il me pardonne
Ce terrible moment Ne me maudissez pas,
De trouble et d’épouvante Que la pitié me donne
Je suis encore tremblant. Un moins amer trépas ;
Comment ma main cruelle De ce pas, au supplice
Ne sécha-t-elle pas, Je marche sans regret
Dans sa rage mortelle Puisque cette justice
En donnant le trépas !… Lavera mon forfait.
Complainte vendue par Adeline M. – Imprimé chez Lalande – Brive
Coll. Archives départementales de l’Aveyron
Le jugement rendu par la Cour d’assises de l’Aveyron, le 18 mars 1845, condamne à la peine de mort Pierre-Alexis Caumes, de Saint-Rome-de-Tarn, pour assassinat commis sur la personne d’Alexis Caumes, son père. Son exécution se déroule à Rodez, le 14 octobre de la même année, entourée d’un cérémonial grotesque et inhumain. Nu-pieds, la tête recouverte d’un voile noir, il est amené à l’échafaud où il écoute lecture de l’arrêt de sa condamnation avant d’avoir la tête tranchée. C’est ainsi que sont exécutés les parricides jusqu’en 1939. Le texte suivant rapporte les causes pour lesquelles fut jugé et condamné Pierre-Alexis Caumes.


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