Complainte sur le crime de Canabols 2

1
Aux environs de Rodez…
Un’ famill’ de braves gens
Qui chérissait huit enfants
Les charmant de joie et d’aise
Lorsqu’un odieux malfaiteur
Vient pour troubler leur bonheur
2
Leur jeune fille Adrienne,
Qui venait d’avoir seize ans
Par un jour de gai printemps
Ah ! que cela fait de peine,
De raconter les douleurs
Des pauvres parents en pleurs
3
Adrienne avait un frère
Qui pourtant la protégeait,
Car le jeune homme suivait
Comme elle un cours secondaire
Tous les deux chaque matin
Partaient par le même train
4
Mais ce jour-là sans nul doute
Le frère partit sans la sœur
Aussi le plus grand malheur
A surgi près de la route
De Canabols à Bessans
On cherche la pauvre enfant
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Et pendant que la famille,
S’angoissait de désespoir,
Cherchant du matin au soir
En pleurant leur pauvre fille,
Son cadavre est découvert
Dans un sentier de bois vert
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L’enfant était presque nue
Les vêtements en lambeaux,
Quel effroyable tableau
Dès qu’elle fut reconnue
Par les malheureux parents
Après ce drame poignant
7
Mais la justice informée,
S’est rendue évidemment,
Sur les lieux rapidement,
Lorsque cette maisonnée
Lui apprit son grand malheur
Qui lui torturait le cœur !
8
Monsieur Rouilleaut le bon juge
Qui mena l’instruction
Dit c’est par strangulation
D’un satyre qu’on en juge
Aussitôt le magistrat
Fit coffrer le scélérat
9
Jean Théry originaire
D’Aurillac a vingt-neuf ans,
C’est l’infâme chenapan
Le satyre sanguinaire
Qui de ses mains étrangla
Adrienne et l’avoua
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C’est l’immonde personnage
Qui raconta sans regret,
Le plus ignoble forfait
Dans son horrible carnage,
Qu’il fit subir à l’enfant
Son cinisme est révoltant.
11
Après l’acte de violence
On a failli le lyncher
Car ce tigre sans pitié
En bandit d’expérience
Rappelat dans sa fureur
Le Soleillant étrangleur
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Or les jurés de Rodez
Bravement l’on condamné,
Ils auront bien mérité
De la Justice française
Car ce monstre sans remords
Lui devait trois fois la mort.
13
Eh ! ………………..
Qui reposez vierge si belle
Nous irons à Bessans
Vous portez chaque printemps
Des fleurs nouvelles
Mais hélas ces belles fleurs
Ne tariront pas nos pleurs.
Morale
Vous bons pères de famille
Et vous tendres mamans
Prenez garde à vos enfants
Car des satyres pervers
Croissent dans tout l’univers.
Paroles du chansonnier Guillotin. Air de Fualdès
Le 19 avril 1910, les localités avoisinant Canabols, un village situé non loin de Rodez, près des berges de l’Aveyron, sont douloureusement émues par l’annonce d’un crime épouvantable qui vient d’être découvert dans les bois environnant la station du chemin de fer. Une jeune fille de seize ans, domiciliée à Pessens, est trouvée assassinée, après avoir subi les derniers outrages. Les soupçons se portent immédiatement sur Jean Terry, mineur à Gages au moment des faits. Reconnu coupable par la Cour d’assises de l’Aveyron, Jean Terry est condamné à la peine de mort. Son exécution a lieu à côté du palais de justice de Rodez, le 29 septembre 1910, en présence d’un nombreux public attiré par la guillotine et la présence de l’exécuteur des affaires criminelles, Anatole Deibler.
A cette occasion, plusieurs cartes postales sont éditées. Jean Terry est l’avant-dernier condamné exécuté en Aveyron.


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