Etrange alchimie au Plessis-Bourré

Le Plessis-Bourré appartient à ces châteaux de l’Anjou qui font la transition entre la période médiévale et la Renaissance artistique, mélangeant système défensif et résidence d’agrément. Une partie de son histoire est intimement liée à Jean Bourré et au mystère qui entoure le superbe plafond de la salle des gardes sur lequel se sont penchés les alchimistes qui y décèlent un langage secret jamais encore percé.

En un temps où les intrigues deviennent presque une règle de jeu à la cour royale, Jean Bourré fait de sa fidélité à Louis XI un tremplin qui l’amène à devenir, à la fois le confident du roi mais aussi son grand argentier. Extrêmement riche au point de penser que sa fortune dépasse largement les émoluments de sa charge – ce qui laisse place à bien des hypothèses – Jean Bourré est aussi un grand bâtisseur de châteaux dont celui du Plessis-Bourré, acheté en 1465 et achevé en 1473.

En un siècle où l’homme de la Renaissance cherche à comprendre le Monde qui l’entoure en s’écartant des dogmes religieux et en cherchant dans l’Humanisme une nouvelle façon de vivre mais aussi de s’exprimer, il n’est guère étonnant que Jean Bourré, fin lettré et passionné d’art et  d’architecture, se soit épris d’alchimie, recherchant la pierre philosophale et l’élixir de longue vie. D’aucun d’ailleurs explique son immense fortune et son rôle de pourvoyeur de fonds du roi Louis XI par la découverte qu’il aurait faite de transformer n’importe quel métaux en or. Si tel était le cas, son secret se trouve-t-il dans les fresques étranges composant les six somptueux caissons du plafond de la salle des gardes du château du Plessis-Bourré destiné à être un jour révélé à un initié ?

Peut-être, bien que tous les chercheurs y aient perdu leur latin à s’ingénier à trouver la clef de ce langage codé qui, en seize panneaux, parfois hardis, déroulerait les différentes étapes de la fabrication de la pierre philosophale,

Le combat entre le dragon ailé (le mercure) et le lion (le soufre) ne serait que le prétexte à dissoudre ces deux métaux dans un seul corps. De même que le Phénix, lequel renaît de ses cendres, symbolise la résurrection, à l’image de la pierre.

Les huit autres panneaux correspondent chacun à un bestiaire allégorique (rats, louves, pies…) chargé de développer un comte moral en un temps où le pouvoir n’en fait guère preuve.

De ce livre d’images conçu pour interroger, nul n’a pu encore en découvrir le Message. Mais « la valeur d’un trésor, selon Suzanne Martel, ne réside-t-il pas dans son secret » ? La Grande France est peut-être à ce prix ! Celui de l’espérance éternelle.

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