La complainte de Torfumo.1918. Odorante énigme
Nos locales follicules N’est-ce point quelque fumiste
Ont tout récemment cité Qui se gausse du bourgeois ?
Que, place de la Cité -Mais non, dit un alarmiste,
Lorsque choient les crépuscules C’est quelque espion sournois !
A l’heure où des magasins D’un habile ventriloque
Sort la frique ruthénoise Quelques-uns ont le soupçon,
Pour laquelle en rut et noise Mais tous battent la breloque
Se mettent les fantassins, Du fait de ce polisson.
Un singulier noctambule Haranguant notre police
Intrigue de son bagout Tel écrit, non sans malice :
Par la bouche d’un égout -Tant pis pour ces beaux galons
Les badauds qu’il accumule ; Qui te vont jusqu’aux talons.
Et que malgré qu’hivernal Tant pis pour les uniformes !
Soit le temps, le sieur Tarfume Il convient que tu t’informes !
Depuis huit jours se parfume Qu’au devoir tu te dévoues
En ce lieu sub-vicinal. Et poursuives… jusqu’aux boues !
Hypothèse et commentaire A quiconque te débine
Aussitôt d’aller bon train : Prouve que ta carabine
Est-ce quelque militaire Ne sort de chez Offenbach :
Que cache ce souterrain Plonge toi donc… au fin bac !
Sur le cas chacun discute
Cependant que le bon goût
Exige qu’on ne discute
Ni des couleurs… ni d’égout.
Paroles de Maurice Bompant
Complainte parue dans le Journal de l’Aveyron – 17-03-1918
L’événement se déroule en mars 1918 au centre de Rodez. Une voix inconnue sort d’une bouche d’égout, provoquant pendant plusieurs soirs, à la nuit tombée, le rassemblement d’une centaine d’habitants, curieux d’un tel phénomène qui n’est en fait que l’acte d’un plaisantin. Mais la rumeur courant, on parle à l’époque d’un espion allemand se cachant dans le réseau d’égout de la ville.


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