La Maison de Mariette
« Mariette ouvre sa maison, comme la terre son énigme, miette du ciel pour nous, pauvres humains dans le passage. » Cette citation de Sylvie Fabre G., professeur de lettres à Grenoble, nous invite à la plus grande humilité pour pénétrer dans l’univers fascinant de Mariette Pessin.
Le musée est étrange, les œuvres angoissantes pour certaines mais toujours passionnantes par leur mystère. Peintures, icônes, gravures, reliquaires s’exposent sans jamais se livrer. Des figurines inaccessibles, des livres objets inquiétants et tant de poupées, toutes en mal d’enfantement, une sorte d’exorcisme pour arracher une souffrance tenace qui rongerait ses entrailles et dont nous ne saurons rien ou si peu : « J’ai eu trois enfants que j’aime, et je me suis rendu compte que j’avais été frustrée de ne pas avoir vécu leurs naissances. Il me fallait exprimer cette douleur, ce manque, cette frustration… » Tout un inventaire émouvant à en pleurer, à la frontière du gothique, avec des références à une éducation catholique pour s’approcher doucement du païen ou d’un autre monde proche de ses anges. Des anges irréels, d’une beauté insolente, que l’on ne peut que contempler puisque la porte du comprendre est fermée à nos esprits sans doute trop sages. Pénétrer dans l’univers imaginaire de Mariette est très certainement une mission impossible, mais s’approcher de sa vérité profondément féminine est une expérience troublante voire mystique.
« Lorsqu’une porte du bonheur se ferme, une autre s’ouvre ;
Mais parfois on observe si longtemps celle qui est fermée
Qu’on ne voit pas celle qui vient de s’ouvrir à nous. »
Helen Keller
Département de l’Isère. Saint-Laurent-du-Pont.


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