« L’étrange musée de Robert Tatin »
D’une vieille bâtisse aux fondations datant du VIe siècle, Robert Tatin qui se qualifie d’« auto-dit-d’acte » va, pendant vingt et un ans, réaliser une construction monumentale, sculpture spectaculaire et étrange, source éternelle d’étonnement. La magie de ce lieu situé à Cossé-le-Vivien célèbre l’Art qui, « comme le soleil se partage ».
Dix-neuf statues de ciment coloré en bordure d’une allée majestueuse invitent le visiteur à une promenade originale à travers la mémoire de l’artiste. Personnages historiques, héros de légende, peintres modernes, autant de figures qui ont marqué l’enfance du sculpteur et contribué à son génie créatif.
Deux totems « être » et « avoir » représentent la dualité de son adolescence entre plénitude et turbulence. Les statues de sainte Anne et de la Vierge de l’Épine incarnent ses questionnements métaphysiques ; celle du Maître Compagnon lui montre le chemin : celui des bâtisseurs de cathédrales.
Un dragon de quatre mètres de hauteur, gueule ouverte, mythique gardien du cœur du bâtiment, symbolise le passage à l’âge adulte, l’âge de la quête éternelle du sens de la vie.
Toutes les facettes du talent de l’artiste s’épanouissent dans la maison au décor fantastique dans laquelle on pénètre par la Porte des Géants. L’évocation hiératique de ses cinq artistes -peintres préférés, Rembrandt, Van Gogh, Léonard de Vinci, Goya et Delacroix conduit dans le Jardin des Méditations. L’architecture des lieux nous rappelle le cycle de la vie intimement lié au cosmos avec, au nord du patio, « Notre Dame Tout-Le-Monde », statue de six mètres cinquante reliant le Ciel et la Terre. À l’identique, la Porte du Soleil au levant et la Porte de la Lune au ponant traduisent la nécessaire union entre l’Orient et l’Occident.
Ce mélange fantasmatique de statues Incas, de cathédrales tourmentées, de bas-reliefs à l’inspiration mythologique est consacré en 1969 quand André Malraux, alors ministre de la Culture, inaugure le chantier de « l’étrange musée de Robert Tatin » appelé à recevoir des milliers de visiteurs par an.
Robert Tatin a quitté sa maison des merveilles le 16 décembre 1983. Il est inhumé juste au sortir du jardin exubérant, éternel gardien de son œuvre intemporelle.
Département de la Mayenne. Cossé-le-Vivien.


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