Rosa Mir : un jardin de promesse
La Croix-Rousse, quartier populaire connu pour sa révolte des Canuts, abrite, caché dans la cour intérieure du 83, de la Grande Rue, un petit jardin de 450 m2 à nul autre pareil. Une profusion de coquillages (huîtres, Saint-Jacques, escargots) et de pierres (éclat de faïence, galets du Rhône ou pierres blanches de Savoie, roses des sables et pierres de l’Himalaya) savamment alternés et enduits d’une fine couche de ciment s’agglomèrent sur les murs, les colonnades, les traverses et une grotte dédiée à la Vierge.
Le raccourci, toute proportion gardée, avec Gaudi est frappant d’autant plus que sa réalisation incombe à un Espagnol, Jules Sénis, anarchiste réfugié en France après la guerre civile.
Ce jardin, plus qu’un rêve, s’inscrit dans le vœu de le dédier à sa mère, Rosa Mir, si le cancer qui le rongeait depuis des années finissait par le laisser en paix.
Un quart de siècle durant, de 1957 à 1983, sa ténacité ne se démentira pas, se procurant les matériaux dans les décharges publiques ou auprès des restaurateurs et agrémentant sa réalisation d’un décor végétal parfaitement intégré au minéral jaillissant de partout.
Quand, en 1983, le cancer finit par avoir raison de Jules Sénis, l’œuvre reste inachevée. Classé depuis 1987 et propriété de la ville de Lyon, le jardin de Rosa Mir est protégé par l’association des Amis de Rosa Mir. Un vœu de préservation qui suit le vœu initial de réalisation.
Département du Rhône. Lyon.


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