Une Toulousaine en Susiane : Jane Dieulafoy (1851-1916)

L’Histoire est injuste qui ne retient de Jane Dieulafoy que son costume d’homme qui défraya la chronique mondaine à la fin du XIXe siècle. Pourtant Jane Magre n’a rien d’une rebelle ou d’une provocatrice. Fille intelligente élevée dans la plus pure tradition catholique par une famille de la haute bourgeoisie commerçante toulousaine, elle grandit sans la moindre velléité d’indépendance. Sa mère devine très vite les facultés intellectuelles de sa dernière fille et l’envoie dans un couvent à Auteuil où elle excelle aussi bien dans l’apprentissage du latin et du grec que dans celui des langues vivantes. Petite fille bien sage, elle étonne les bonnes sœurs par ses dispositions pour le dessin et la peinture, qualités qui lui seront salutaires tout au long de sa carrière. Destinée à faire un beau mariage, de beaux enfants et à devenir une parfaite maîtresse de maison, la charmante Jane ne réalisera que la première partie de ce projet dévolue à toutes les jeunes filles de bonne famille de sa génération.

La famille Magre devient une famille matriarcale après le décès du père et du fils aîné, mort accidentellement. Les ambitions de la mère sur ce fils se reportent-elles sur sa cinquième et dernière fille, la plus intelligente ? Jane se sent-elle investie d’une « mission » qui ajoute à ses qualités le courage, l’amour du risque, la ténacité et  d’autres valeurs typiquement masculines à cette époque ? Jane qui se sent si peu attirée par les vertus domestiques rêve d’ailleurs et cet « ailleurs », elle le devine possible lors de sa première rencontre avec le séduisant Marcel.

Jane et Marcel

Marcel est l’alter ego de Jane, toulousain lui-aussi, même milieu social, tous les deux très attachés à leur mère suite au décès du père, le même attrait pour les contrées lointaines, le même désir de découvrir, de comprendre, la même fascination pour l’Orient.

Jane ne pouvait que « craquer » pour ce bel ingénieur de sept ans son aîné, auréolé de son diplôme de polytechnicien, rencontré à son premier bal. Il revient d’Algérie et il est vite séduit par cette curieuse jeune fille blonde aux yeux malicieux qui, à peine sortie du couvent, ne le lâche pas et l’abreuve de questions sur son périple. Très vite, les deux jeunes gens comprennent qu’ils sont fait l’un pour l’autre. Jane sait que Marcel ne la cantonnera pas dans le rôle étriqué de bourgeoise qu’elle redoute. Avec lui, une vie d’aventures et de partage se dessine. Elle ne sera pas déçue.

Jane, soldat de la République

Quelques mois seulement après les noces, le 2 septembre 1870, la France capitule devant l’armée prussienne à Sedan. Napoléon III est prisonnier, Gambetta proclame la République et organise depuis Tours l’armée de la Loire. Marcel n’hésite pas. Il s’engage dans le génie et est nommé capitaine des troupes du camp de Nevers.

Son caractère intrépide, son goût pour l’aventure et son entière détermination à ne pas quitter son mari  n’offre à Jane qu’une seule alternative : elle aussi rejoindra le front de Loire. Une difficulté de taille semble s’opposer à son engagement. L’armée est résolument misogyne et n’admet pas de femmes dans ses rangs, hormis les cantinières ! Qu’à cela ne tienne ! Jane se déguise en franc-tireur portant pour la première fois l’habit d’homme qui consacrera sa légende de « la dame qui s’habillait en homme ». Jane ne veut pas être un soldat d’opérette, elle accompagne son mari dans les missions les plus périlleuses, campe dans la neige et le froid. Dans ce combat inégal contre l’armée prussienne plus puissante, la jeune Toulousaine fait preuve d’une bravoure remarquée par le général qui commande le camp.

Humilié par la capitulation du 27 octobre 1870, le couple Dieulafoy regagne Toulouse où Marcel, affecté par les Ponts et Chaussées à la voirie de la ville rose, restaure, agrandit, rénove jusqu’à ce que l’appel de l’Orient se fasse irrésistible.

Le grand départ

Pendant une dizaine d’années, Jane et Marcel forment un couple conventionnel. On peut imaginer que Jane revêt les habits de dame et qu’elle se consacre à l’aménagement de leur appartement au 63, de la rue Alsace-Lorraine. Mais il est sûr que leur passion pour les voyages aura raison de leur confort de vie.

1881 ! Le grand départ. Jane a résolument adopté le pantalon, chaussé les brodequins et coupé ses cheveux blonds. En route pour la Perse ! La voilà enthousiasmée par l’Acropole, exaltée face à la Corne d’Or à Istanbul et frigorifiée dans la traversée du Caucase. Les Dieulafoy ne sont pas protégés par un ordre de mission gouvernemental et leur voyage prend l’allure d’une expédition à haut risque. Plus de six milles kilomètres à cheval avant d’arriver en Susiane. Jane affronte les routes impraticables, résiste au froid persistant de la nuit, à la chaleur accablante du jour, supporte la fièvre, s’habitue aux scorpions, aux poux, menace les  bandits de grands chemins. Complètement libérée de sa condition de femme, son endurance est admirable. Une force incroyable se dégage de ce petit bout de femme qui passe pour un éphèbe, un petit bout de femme capable de chevaucher pendant dix-sept heures pour traverser les défilés de Madérè Soleïman, qui prend l’initiative de transporter son mari malade à bord d’une charrette jusqu’à Téhéran, traversant cent cinquante kilomètres de routes défoncées dans une contrée inconnue. Marcel est en proie à des souffrances intolérables et à une forte fièvre, la quinine est impuissante à le soulager, l’esprit d’initiative et le courage de Jane lui sauveront la vie.

Si les conditions de vie sont extrêmes, le paysage est enchanteur. Un paradis terrestre peuplé d’hommes corrompus vivant dans des villages en ruines, aux rues sales couvertes d’immondices. La décadence persane tourmente le jeune couple qui doit s’adapter sans cesse pour survivre.

Rendez-vous manqué avec Suse 

Rien ne leur aura été épargné durant ce long voyage. Déjà quatre mille kilomètres parcourus, souvent à la limite de l’épuisement. Aux conditions matérielles déplorables s’ajoute l’animosité des « vrais croyants » envers ces deux chrétiens « fils de chiens » ! Le fanatisme d’une partie de la population leur donne souvent le sentiment d’être sur une poudrière.

L’arrivée à Suse est décevante… Une pluie continue transforme les ruelles en égouts pestilentiels, le chef religieux leur interdit l’accès au tombeau du prophète Daniel, Jane est épuisée, une fièvre constante lui provoque des tremblements continus, le rendez-vous avec Suse la promise, Suse la belle, est manqué, les jours de pluie succèdent aux jours de pluie. Jane repère toutefois le chemin d’accès à la citadelle détruite par Alexandre. Ne restent de l’ancien palais construit avec des briques crues que des débris  formant des tumulus en proie aux mauvaises herbes. La pluie persistante interdit tout travaux. Jane et Marcel décident de revenir en France se reposer et surtout préparer le retour car plus que jamais, ils veulent réaliser leur rêve, arracher à l’oubli la citadelle et les palais achéménides.

Retour à Suse

Cette fois, c’est investi d’une mission officielle que le couple Dieulafoy repart en décembre 1884. Ils ont l’appui du président de la République Jules Grévy, de son ministre Jules Ferry et le soutien inconditionnel de Louis de Ronchaud, fondateur de l’Ecole du Louvre. Un mois et demi plus tard, ils arrivent en Susiane  où ils sont accueillis par les autorités. Une fois encore, ils devront faire face à l’hostilité des chefs religieux qui rend difficile le recrutement des ouvriers. La pluie toujours présente en ce début d’année, l’afflux des pèlerins en avril hostiles aux intrus, ajoutent à la pénibilité des fouilles. Jane fait preuve d’une grande diplomatie en se liant avec les femmes auxquelles elle prodigue soins et conseils. Progressivement, la confiance s’installe entre les ouvriers et les Français, et ensemble ils font bloc pour décourager les pilleurs de la nuit qui tentent de subtiliser les objets trouvés pour les revendre à prix d’or aux musées européens.

« Des taureaux, des lions, et des immortels… »  »

La toute première découverte, dite « des taureaux », est capitale pour le moral en baisse des archéologues. Des fragments des chapiteaux, coiffant les trente-six colonnes de la salle d’audience du palais Darius Ier, sont retrouvés en assez grand nombre pour permettre la reconstitution d’un exemplaire. Il s’agit de taureaux bicéphales, étonnant tant par leur démesure que par le matériau utilisé. La brique traditionnelle  a été remplacée par un calcaire noir veiné de gris « au grain très fin » qui donne au monstre une majesté particulière : « Voici le ventre couvert de poils frisés, les lourds genoux de la bête ; un collier, orné de marguerites et d’une fleur de lotus en guise de pendeloque, entoure le cou. La base, le fût, le chapiteau atteignaient vingt-deux mètres de hauteur. »

Le 25 mars suivant, des faïences sont déterrées dans la première cour du palais. Jane est en proie à une vive émotion en devinant sur les carreaux trouvés, « la corne striée d’un animal de grande taille et une patte pourvue de griffes » ; un peu plus loin, elle s’extasie devant « les palmettes, qui rappellent un ornement grec bien connu, puis une nouvelle ligne de denticules bleus et verts surmontés d’un double filet vert et jaune. » La découverte est immense, mais avant que nous puissions contempler ce trésor de l’iconographie perse au musée du Louvre, Jane doit extraire morceau par morceau, avec la peur au ventre de voir s’effriter les pièces de ce puzzle magnifique. « Le cœur bat la chamade tant que le bloc reconstitué ne s’étale pas dans la corbeille… chaque bloc, brisé quelquefois en sept ou huit fragments, est dégagé avec la pointe du couteau, dessiné sur un papier quadrillé, déposé dans une corbeille au fond de laquelle on jette un numéro d’ordre… » Travail minutieux et long qui se poursuit alors que le mois d’avril annonce le retour de la chaleur et des insectes : « Les mouches vivent en légions si nombreuses que casques et habits semblent couverts d’une carapace de jais noir, les moustiques sont armés d’aiguillons si acérés qu’ils percent les habits après avoir traversé la toile des pliants et ne laissent pas à leur victimes le loisir de s’asseoir. » Les aliments pourrissent en quelques heures, les ouvriers sont en proie à des crises de dysenterie et s’évanouissent dans les tranchées.

« La Frise des lions », placée en évidence dans la première cour du palais, est une déclaration de la puissance royale, incarnée par le lion, roi des animaux : « leur aspect est menaçant : la gueule s’ouvre sur des crocs acérés, les babines retroussées entraînent un plissement des muscles entourant l’œil, le mufle est gonflé.  Non encore en action, ils avancent de profil, d’une marche mesurée et calme, parmi des éléments végétaux symbolisant l’équilibre de la nature sur laquelle veillent ces félins. »

Frise des Immortels

La fouille de la Frise aux lions se poursuit en décembre 1885 après que Jane et Marcel aient retrouvé un peu des forces lors d’un nouveau séjour en France. Les nouvelles recherches offrent encore à Jane des bonheurs qui la bouleversent. Un matin, un ouvrier lui présente « un bloc de faïence blanche comme neige ; sur une de ses tranches apparaît en haut-relief, une demi sphère d’un bel émail jaune, semée d’étoiles bleues, vertes et blanches, comprises dans un cloisonné… C’est un chef d’œuvre de céramique ». Après une nuit sans sommeil, Jane devine sur le bout de carrelage une « épaule d’un être humain revêtu d’une robe aux splendides couleurs ». Comme pour la Frise aux lions, patiemment, la colossale Frise des Immortels ou Frise des Archers est arrachée pièce par pièce à la terre et au mortier pour former une des plus belles pièces du Département des Antiquités Orientales du Louvre. Il faudra deux cents caisses pour ranger les deux célèbres frises. Vingt tonnes de matériel accumulé pendant les saisons de fouilles doivent traverser marécages, déserts, fleuves et mers qui séparent la Perse de la France avec des moyens de transport de fortune. On imagine la difficulté d’une telle entreprise et encore une fois la ténacité et la résistance de Jane et de Marcel. L’expédition composée de quatre charrettes, de trente mulets et de quarante-trois chameaux traverse le désert avant d’embarquer sur un bateau loué pour descendre le fleuve Karoun toujours avec autant de souffrances décrites par Jane : « On doit haler les bateaux ou avancer à la gaffe quand la végétation des rives devient buissonneuse. Aucun abri contre un soleil intolérable ».

Jane, la douce Jane, l’érudite Jane n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Une Toulousaine à Paris

Dès leur retour, le couple devient la coqueluche des salons parisiens. Jane surprend toujours par son refus de porter jupons et dentelles. Elle a définitivement adopté une tenue masculine sobre, pantalon de coton écrue qui sied à ravir à son corps mince, chemise blanche avec pour seule fanfreluche un cordon noir noué autour du cou. Sa coupe de cheveux annonce la mode des « garçonnes » lancée quelques quarante ans plus tard par Coco Channel, mais la comparaison s’arrête là. Jane, si elle affiche une silhouette androgyne, ne sera jamais une féministe convaincue. La liberté sexuelle que revendiquent les émancipées ne la concerne pas. Son apparence masculine s’inscrit dans la continuité de ses choix mais non dans la démarche d’un militantisme féministe. Jane, que l’on ne peut taxer d’esprit étriqué, reste pourtant très conservatrice et bourgeoise dans ses positions. Interviewée en 1905 pour un magazine de mode, elle déclare être farouchement opposée au divorce, « source de tous les maux » : « Le divorce est contre la femme, l’annihile, la déclasse, lui enlève son prestige, son honneur ; je suis l’ennemie du divorce ». Elevée dans la tradition catholique, Jane croit fortement à la famille comme pilier de la société et voit dans l’émancipation de la femme son malheur.

Pour l’heure, son retour à Paris est auréolé de gloire. Le jour même de l’inauguration des salles Dieulafoy au Louvre, elle est décorée de la Légion d’honneur. Les journaux s’arrachent les récits de leur expédition ; les lecteurs sont friands d’orientalisme et découvrent une nouvelle facette du talent de Jane : l’art de la plume.

Ambiguïté de cette femme issue de la bourgeoisie provinciale classique qui affirme sa différence dans les salons en se déguisant scandaleusement en homme. Mystère de cette femme qui refuse à ses semblables le droit au divorce et revendique son droit au travail. Elle s’impose désormais comme écrivaine, rejoignant Georges Sand, Séverine et Colette au grand dam des auteurs reconnus tel Émile Faguet qui s’insurge contre ces « femmes-hommes » et les supplie « de rester femmes et de ne devenir ni avocats, ni médecins, ni hommes de lettres ». La postérité a oublié le nom de ce fâcheux et a heureusement retenu celui des auteures de « La mare au diable » ou des « Claudine ». De par son attitude résolument moderne, Jane apporte à la condition féminine la légitimation du droit au travail et la reconnaissance des capacités intellectuelles des femmes jusqu’ici vouées aux travaux domestiques, au plaisir des hommes et à la maternité. Son conservatisme lui refuse d’encourager le mouvement de libération de la femme mais sa position dans le monde des sciences et des lettres contribue aux changements des mentalités largement machistes.

Son amitié sincère avec Pierre Loti illustre sa liberté de pensée. L’écrivain qui cache sa souffrance existentielle derrière des tenues excentriques fait scandale. Il porte des talons hauts, cache ses mains de gants couverts de bagues, se maquille outrageusement, se teint les cheveux et pourtant malgré son conservatisme, malgré la désapprobation de la bonne société, Jane lui voue un attachement sans faille. Curieux couple qui hante les salons parisiens, Jane en tenue d’homme et Pierre usant de coquetteries féminines. Mais les deux êtres ont en commun le plaisir d’écrire, l’amour des voyages et partagent la même fascination pour la Perse. Jane n’a cure des réflexions outragées qui raillent leur entente. Dans sa fidélité à l’ami, Jane affirme sa profonde indépendance d’esprit et sa grandeur d’âme.

Le salon Dieulafoy, dans leur domicile de la rue Chardin, est un des plus prisé du Tout-Paris. On y rencontre le poète José Maria de Heredia, Anatole France et le musicien Camille Saint-Saëns. Ce dernier propose à Jane d’adapter son roman « Parysatis » en drame lyrique. Elle est enchantée. Jane aime le théâtre et se souvient de sa grande émotion en découvrant « Thaïs » à la Comédie Lyrique, très certainement  interprétée par une toute jeune artiste à la voix prometteuse, Mademoiselle Myrial, de son vrai nom Alexandra David… Ironie des destins parallèles qui s’entrecroisent ; deux femmes hors du commun, amoureuses pareillement d’aventures.

La première de Parysatis, jouée devant dix mille personnes aux arènes de Béziers, est un immense succès. La pièce est reprise au théâtre du Châtelet et à l’Opéra de Paris.

Il semble que tout réussit à Jane Dieulafoy et pourtant le regret profond de n’avoir pu continuer les fouilles à Suse la hante. L’enthousiasme que soulevait la découverte du moindre fragment de faïence a depuis longtemps supplanté le souvenir des souffrances physiques et des dangers encourus. Un autre continuera le travail entrepris. La blessure que suscita la nomination de Jacques de Morgan à la tête de la délégation archéologique française en Perse ne se refermera jamais malgré les nombreux voyages en Espagne et la dernière mission au Maroc.

Derniers voyages

Passionné par l’art ibérique, le couple Dieulafoy s’échappe régulièrement en Espagne, visitant avidement églises et palais. Jane ramènera dans ses valises deux « guides anachroniques » : « Aragon et Valence » et « Castille et Andalousie ». En 1907, les Parisiens découvrent avec intérêt une autre corde à son arc : Au théâtre du Siècle d’Or, elle consacre avec talent cinq conférences agrémentées de projection de photos prises lors de ses voyages.

1914 : Le monde est en ébullition. Marcel, soutenu par Jane, demande à reprendre du service. Il est affecté au Maroc où sans l’ombre d’une hésitation, son épouse le suit. L’accueil du général Lyautey est glacial à la vue de madame Dieulafoy et il est facile de comprendre que la gent féminine n’a rien à faire dans cet univers réservé aux seuls hommes. Encore une fois, Jane saura se faire apprécier en partageant avec son mari les fouilles de la mosquée d’Hassâm, la plus importante du monde musulman qui retrouvera une partie de sa splendeur.

Constatant l’état sanitaire catastrophique de la population, elle se met au service du dispensaire, lui consacrant tous ses après-midi. Contre toute attente, elle obtient du général Lyautey la construction d’une nouvelle salle de soins mieux équipée.

Mais Jane a dépassé la soixantaine, ses forces faiblissent, un séjour dans la propriété familiale de Pompertuzat lui laisse l’illusion éphémère d’un rétablissement. De retour au Maroc, elle s’aperçoit qu’il n’en est rien. Le couple doit revenir définitivement en France. Jane a le cœur serré, elle sait que la route est finie.

Le visage creusé par la douleur, amaigrie par la maladie, Jane abandonne le combat, le 25 mai 1916. Au prêtre qui lui donne les derniers sacrements, elle murmure : « Mon père, je fais le sacrifice de la vie, mais je supplie Dieu d’accorder la victoire à nos armes. »

Marcel qui n’a jamais accepté cette séparation s’éteint à son tour en février 1920 et rejoint sa compagne de toujours au cimetière toulousain de Terre Cabade.

0 réponses

Laisser un commentaire

Rejoindre la discussion?
N’hésitez pas à contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.