L’assassinat de Saint-Geniez .1881
D’un récit bien lamentable Alors Astruc et Mézy
Nous racontons les horreurs. Conduisirent Carrière
Vous frémirez de terreur Au ravin de Puechberty
C’est horrible, épouvantable ; Ils le frappent par derrière,
Les pleurs vont mouiller vos yeux, Lui enlèvent son argent,
Ecoutez, jeunes et vieux. Et le laissent tout sanglant…
C’était un beau jour de foire Des enfants le lendemain
A St-Geniez d’Aveyron Trouvent le corps tout meurtri.
Que se passa cette histoire On cherche des assassins,
Où Carrière, pauvre garçon, Mais tout désigne Mézy ;
Fut lâchement assommé Et statuant sur son sort
Et de cent francs dépouillé. La cour le condamne à mort !
Quand il rencontra Mézy Les conseils de la Paresse
Il lui dit : « J’ai de l’argent : Conduisent à l’Echafaud !
« Je m’en vais de Soulayri, Mais la crainte du bourreau
« Et on m’a payé comptant ! » Doit inspirer la jeunesse
Puis Astruc les rejoignit, De fuir la route du mal
Cet effroyable bandit. Qui conduit au sort fatal !
Paroles de H. Jaffus – Imprimé chez Loup Fils
Coll. Archives départementales de l’Aveyron
Le 5 novembre 1881, deux jeunes gens, Basile Mézy et Etienne Astruc, quittent Campagnac où ils sont domiciliés, pour se rendre à la foire de Saint-Geniez. En route, ils rencontrent un jeune garçon, Joseph Carrière, âgé de dix-huit ans qui, le matin même, a quitté son maître, le sieur Ferragut, au service duquel il était resté quelque temps en qualité de berger. Dans la conversation qu’ils ont avec lui, celui-ci raconte que Ferragut lui a payé ses gages, s’élevant à une centaine de francs. Pour les deux larrons, cette somme suffisait à commettre un meurtre. Il est consommé dans la soirée. Mézy est le premier soupçonné. Condamné à la peine de mort, il porte le soir même les accusations les plus graves contre son complice Astruc. Arrêté, ce dernier passe à son tour devant la Cour d’assises de l’Aveyron, le 10 décembre 1882. Jusqu’au dernier moment, il clame son innocence mais les jurés suivent le réquisitoire de l’avocat général. Astruc est condamné, comme son complice, à la peine de mort. Les deux hommes sont finalement graciés par le président de la République, leurs peines étant commuées en travaux forcés à perpétuité. Les deux hommes prennent alors le chemin du bagne de Cayenne avec de faibles chances d’en revenir.


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