Le crime de Bozouls. 1889

1

 Apprenez tous le crime épouvantable

Qui s’est passé au bord de l’Aveyron

Un monstre humain un criminel coupable

S’est révélé ; Albenque s’est son nom,

Il a tué cet assassin infâme

Sans rien sentir remuer dans son cœur

Il a tué deux malheureuses femmes

Et remarquez qu’elles étaient ses sœurs

2

En arrivant le soir d’un beau dimanche

Il rencontra son père qui gardait

Les deux moutons avec leur toison blanche

Dans un champ vert qui lui appartenait.

A peine il dit bonjour à son père,

Puis il rentra dans l’habitation,

Les quatre sœurs dont il était le frère

Se trouvaient là, tenant conversation.

3

Mais il en veut à ses deux sœurs aînées

Et il attend pour frapper sûrement

Que soient parties les deux sœurs moins âgées

Pour s’en aller à leur amusement.

Les voilà seuls, Clémentine et Julie

Comprennent tout, elles pensent à fuir

Albenque alors, sortit avec furie

Un revolver pour les faire mourir.

4

Car il voulait une vengeance affreuse

Ce n’était pas pour voler des objets

Mais il allait tuer les malheureuses

Qui l’appelaient souvent : mauvais sujet.

Quand l’arme à feu se trouva épuisée

Les pauvres sœurs ne voulaient pas mourir,

Albenque alors d’une pioche aiguisée,

Les acheva sans pousser un soupir.

5

C’était affreux : le coquin misérable

Frappait toujours, sans grâce ni merci,

Jusqu’à ce que le silence durable

Lui montra bien que out était fini.

Il s’en alla, laissant là ses victimes

Il se rendit au village voisin

A la justice il avoua son crime

En se vantant d’être un grand assassin

6

On crut d’abord que c’était la folie

Qui agissait sur sa triste raison,

Mais on trouva les cadavres sans vie

Et l’on traîna Albenque à la prison.

En attendant que l’on fasse justice

Il est couché dans le sinistre lieu,

Sur l’échafaud il expiera son vice

En implorant la clémence de Dieu.

 

Albenque, 19 ans, tue ses deux sœurs (afin d’avoir une plus grande part de l’héritage) le 5 mai 1889, au domicile de ses parents, à Carbonnel, près de Bozouls. Arrêté, il s’évade de l’asile d’aliénés de Rodez avant d’être repris vers Laissac. Jugé par la Cour d’assises de l’Aveyron, les 13 et 14 décembre, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité mais acquitté pour le viol d’une jeune bergère dont il était aussi accusé.

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