Le crime de Comps la Grand ville
1er Couplet
C’est à Maynaube petit village
Pas très loin de Comps La Grand Ville
Un crime affreux, un vrai carnage
Met en deuil toute une famille
Vivant très unie
Aujourd’hui meurtrie
Car un lâche et vil personnage
Vient de tirer hélas sans façon
Comme une brute, un sauvage
Une fillette cela sans raison
2e Couplet
Louis Roux croyait bien que son cri
Ne pourrait être découvert
Car il avait mis sa victime
Dans un endroit un peu désert
Il fut aussitôt
Malgré ses propos
L’objet d’un interrogatoire
Dans lequel il put tout d’abord
Raconter une fausse histoire
D’en l’espoir d’en sortir encore
3e Couplet
Des policiers des plus habiles
L’interrogèrent sévèrement
Et ses mensonges inutiles
Furent démontrés sérieusement
Si bien qu’à la fin
Le lâche assassin
De son crime enfin fit l’aveu
J’ai chargé dit-il mon fusil
Puis à la nuque j’ai fus feu
Et Henriette est tomber ainsi
4e Couplet
Quand on pense que la victime
N’avait que 16 années seulement
C’était une enfant, une gamine
En prison l’assassin
Pourra méditer
Qu’il est accuser
Du forfait le plus monstrueux
Du plus lache des attentats
Oui, ceci nous le rend odieux
Et personne ne lui pardonnera
5e Couplet
Avec la famille éplorée
Vous, braves gens de l’Aveyron
A la petite qui fut tuée
Vous pensez avec émotion
Vous dont le grand cœur
Se brise de douleur
Vous maudissez tous le coupable
Qu’il soit donc rongé de remords
Ce crime-là est abominable
Et mérite la peine de mort
Comme elle en a l’habitude, la jeune Henriette Cadars, de la Maynobe, part dans l’après-midi conduire les vaches au pâturage. La nuit est largement tombée quand ses parents voient les bêtes regagner seules l’étable. Inquiet de cette absence, le père Cadars part aussitôt à sa recherche. Il pousse un cri d’effroi lorsque, arrivé sur les lieux, il découvre le corps sans vie de sa fille gisant derrière une haie.
Immédiatement appelé, le docteur Larcher, maire de la commune, constate que la jeune fille a reçu une décharge à la nuque, brisant la colonne vertébrale et entraînant une mort instantanée.
Rapidement, les soupçons se portent sur le jeune Jean Rous, habitant Lezinous, non loin de Maynobe. Interrogé, il finit par avouer. Le mobile est d’une banalité affligeante mais ô combien dramatique. Jean Rous voulait épouser Henriette ; à plusieurs reprises, il avait essuyé un refus catégorique, de la fille comme du père. Alors, pour lui prouver son amour, il l’a tuée !
Mais l’affaire n’en reste pas là. Les langues se délient et, bientôt, des méfaits restés dans l’ombre jusqu’ici reviennent à la surface, désignant le jeune Rous comme un redoutable satyre. À en croire les témoignages relevés par les limiers de la police mobile de Montpellier, Rous, en dépit de son aspect malingre, se livrait depuis plusieurs années à des actes délictueux envers les jeunes filles.


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