Chomo : le Monde parallèle du rêve accompli

Migration du cœur… migration du corps… Pour s’exprimer dans la plénitude de son art, l’homme a parfois besoin de solitude et d’isolement… se créant un monde unique et personnel… un monde imaginaire. Avant d’en faire une exigence, Roger Chomeaux en a subi le mépris, repoussé par les gamins de son âge, une mère peu attentionnée et des adultes incompréhensifs. De ces exclusions, le petit garçon s’est créé un chemin de rêve qu’il poursuivra toujours en dépit des épines de la vie.

Très tôt, la nature devient son royaume. Il y trouve le silence et l’écoute… l’abnégation à survivre et la beauté. Un mariage… une famille… la captivité en Pologne durant la guerre ne seront que des étapes pour Roger Chomeaux comme le seront ses premiers pas dans la sculpture et la peinture qu’il apprend à l’Ecole nationale des Beaux-Arts de Paris.

Car, très vite, l’artiste refuse tout concept et toute allégeance à la société de consommation et à l’art marchand dont il s’écarte progressivement jusqu’à décider, au cours de l’hiver 1966, de s’isoler complètement en vivant en ascète dans la forêt de Fontainebleau, sur un terrain acquis dans les années 40. Là, il bâtit son musée à ciel ouvert, retrouvant son chemin de rêve de l’enfance, loin des galeristes et du mercantilisme artistique.

Plus encore, il ne conçoit son art que dans le dénuement de sa condition parallèlement à la pauvreté des matériaux qu’il utilise, récupérés dans les décharges et les bois environnants.

Chomeaux, qui est devenu Chomo, artiste mais aussi médium et guérisseur, « amiculteur » des abeilles dont il n’hésite pas à se laisser entièrement recouvrir le corps, vit dans cette pauvreté assumée de 1966 à 1999, célébré comme le « Rodin des bois » par ses admirateurs ou comme « le fou de la forêt » par tous ceux qui ne comprennent pas ses recherches esthétiques et sa vision du Monde. Un Monde parallèle dans lequel il nous invite à pénétrer pour peu que l’on trouve l’entrée… un Monde où l’écriture est devenue, sur les panneaux, phonétique… un Monde de sculptures, « riches de pauvreté » comme il aime l’écrire, influencé par les forces cosmiques… SON Monde du bout de son rêve accompli, riche d’une prodigieuse créativité, mélange de toutes les formes artistiques qu’André Malraux a su protéger en son temps.

Le Village d’Art Préludien, comme il nomme son microcosme, se compose de L’Eglise des Pauvres, du Sanctuaire des Bois Brûlés et du Refuge dans lesquels sont regroupées ses œuvres : sculptures, peintures et enregistrements sonores.

Que restera-t-il de cette expérience ? Une question que Chomo se posait juste avant sa disparition, en 1999, quand il écrit : « Quelle empreinte auras-tu laissée sur la terre pour que ton dieu soit content. » La réponse tient peut-être dans cette autre pensée : « Je ne suis pas instruit des hommes, je suis instruit du Ciel. »

« Je ne crée pas pour vendre. Je crée pour m’étonner. »

Chomo

Département de Seine-et-Marne. Achères-la-Forêt.

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