Nuit sanglante sur le Lévézou  

         
 Affaire Elie et Louis Bonnaterre. Vezins.
  Cour d’assises de l’Aveyron. 5 décembre 1934

 

Aux premiers jours de l’automne 1935, un vieux bâtiment crachant vapeur quitte l’île de Ré, cap au large. Le « La Martinière » n’a rien du paquebot de croisière. Rongé par la rouille, il transporte son contingent de condamnés au bagne de Cayenne. Ceux qui ont le privilège d’être près d’un hublot  braquent leur regard vers ce bout de France dont très peu d’entre eux reverront le rivage.

Elie Bonnaterre, lui, ne voit rien. Il est enchaîné dans la cale. Avec les « condamnés à perpète » punis pour un crime de sang. À quoi pense le jeune homme – âgé d’une trentaine d’années –

muré dans un silence ? Peut-être à cet enfer qui l’attend, là-bas, en Guyane, si loin de la ferme natale de Destillous qu’il a seulement quitté pour faire son régiment. Ou, pire encore, revit-il en pensée cette nuit qui ensanglanta, près de Vezins, un hameau perdu sur les sommets du Lévézou ?

Dans la nuit du jeudi 4 mai 1933, la gendarmerie de Vezins est alertée par un appel téléphonique. La voix au bout du fil est angoissée, presque inaudible :

« Venez vite, quelqu’un est blessé au ventre. C’est très grave ! »

L’appel provient du Bois-du-Four, quatre maisons blotties autour d’une auberge flanquée d’un petit étang que longe la route reliant Pont-de-Salars à Millau. Le chef de la brigade réveille l’un de ses hommes pour l’accompagner. À l’instant où ils enfourchent leurs vélos, surgit une silhouette imprécise dans l’obscurité. Une voix s’élève, souffle court :

« Ils étaient quatre qui foutaient le feu à notre grange du Lac ! On les a surpris après le souper.

-Tu es de Destillous, l’aîné des Bonnaterre. C’est bien ça ? »

Le brigadier reconnaît Elie sur qui il a braqué le faisceau de sa lampe de poche, remarquant la pâleur du visage et les habits zébrés de taches brunes. Et aussi les mains marquées de poudre noire.

« D’où viennent ces traces ?

-Ah, il fallait bien se défendre contre ces bandits. Alors on a « tiré le fusil » pour les empêcher de tout brûler. Il y en a au moins deux qui ne recommenceront pas ! »

Le brigadier croit vivre un cauchemar : deux événements aussi extravagants dans la même nuit ? N’y aurait-il pas relation entre le moribond du Bois-du-Four et les incendiaires de la grange Bonnaterre ? Il n’y a que huit kilomètres entre les deux endroits. Et les heures concordent. Le gradé ne balance pas longtemps. Il confie le jeune Elie à la garde d’un gendarme, en expédie un second au Bois-du-Four voir de quoi il en retourne et fonce, en compagnie d’un troisième, vers la grange du Lac, propriété des Bonnaterre.

Une vengeance terrible…

Les deux cyclistes peinent dans le chemin de terre qui grimpe vers le lieu-dit du Lac où les Bonnaterre ont acquis, il y a peu, un bâtiment pour y abriter du fourrage. Aucune lueur d’incendie ne perce la nuit. Les gendarmes se demandent si Elie n’a pas inventé une fable. Mais non, une odeur de roussi est bientôt perceptible. Soudain, la roue avant du brigadier cale sur un obstacle : un corps humain est allongé en travers du chemin. Une dizaine de mètres plus loin, un autre corps gît, recroquevillé contre la murette de pierres sèches qui longe l’étroite route. Deux cadavres !

Les représentants de l’ordre ont tôt fait d’identifier, malgré les blessures qui les défigurent, les cadavres de Joseph Costecalde et de Lucien Salomon, tous deux cultivateurs dont les propriétés jouxtent celle des Bonnaterre. Elie n’a pas rêvé, hélas ! Le temps de vérifier que la grange proche est intacte (seules des broussailles ont brûlé à proximité du bâtiment) le brigadier ordonne à son subordonné de veiller, sans les toucher, les corps des victimes. Quant à lui, il regagne la caserne de Vezins à vives pédalées pour interroger le jeune Bonnaterre.

« Qui a tiré ? Avec quelles armes ? Pour quelle raison ?

-Après le souper, je suis sorti de l’oustal à nuit tombante. J’ai aperçu des flammes du côté de la grange. Mon père, que j’ai aussitôt alerté, a crié : « Je sais de qui ça vient ! »  et il a ordonné de monter là-haut en prenant les fusils. Mon jeune frère a suivi. Ils étaient quatre à attiser un feu allumé aux ronces proches de notre grange. Mon père gueulait que ces bandits méritaient punition. On a tiré pour çà. Après, je ne sais plus… »

Le garçon s’enferme alors dans un mutisme tenace. Mis sous bonne garde, il ne tarde pas à s’endormir. Le brigadier se dirige vers le téléphone mural. La main tendue vers la manivelle d’appel, il hésite. Réveiller ses chefs hiérarchiques en pleine nuit exige réflexion. Il est là, indécis, quand le téléphone sonne. Au bout du fil, le gendarme qu’il a expédié plus tôt au Bois-du-Four :

« L’homme qui a trouvé refuge ici au début de la nuit a une main fracassée. Il est blessé gravement au ventre. J’ai alerté Millau. Ils envoient une ambulance pour le conduire à l’hôpital.

-De qui s’agit-il ? Vous avez pu l’interroger ?

-Non. Il était dans le coma quand je suis arrivé mais les gens d’ici l’ont reconnu. C’est Campels, fermier au Mas de Boussac, sur la commune de Saint-Léons. Son état me semble désespéré. »

Le brigadier connaît bien Campels, un familier des deux hommes qui gisent morts, près de la grange. Nul doute qu’il a été témoin et victime de la fusillade. Cela facilitera la tâche des enquêteurs… si le blessé survit. Reste encore la chance de recueillir un autre témoignage. Elie Bonnaterre a en effet précisé que les « incendiaires » étaient au nombre de quatre.

Le brigadier de Vezins ne tergiverse plus. Il appelle ses supérieurs pour les informer d’une affaire dont l’envergure le dépasse.

Un cri s’élève : « À l’échafaud » !

La Brigade et le Parquet de Millau prennent les choses en mains. Tôt dans la matinée du 5 mai, les enquêteurs montent à la grange du Lac. Une odeur âcre se répand depuis les ronces calcinées qui couronnent les murets bordant le chemin où les corps des deux victimes sont demeurés en place. Une main compatissante les a recouverts de draps blancs.

Médecin légiste, le docteur Bompaire rédige un rapport à la suite d’un examen sommaire :

« Dans les deux cas, la mort (probablement instantanée) a été causée par des décharges de chevrotines tirées à bout portant. Joseph Costecalde et Lucien Salomon ont succombé à de graves blessures au thorax et au cou, carotides tranchées, ayant entraîné des hémorragies mortelles ».

Présent sur le terrain, un expert-armurier est formel : « Les blessures proviennent de fusils de chasse calibre 12 tirant des cartouches chevrotines utilisées pour le gros gibier. On peut estimer que chaque victime a reçu deux décharges tirées à une distance inférieure à soixante centimètres ».

Le Parquet de Millau, après interrogatoire d’Elie Bonnaterre détenu à la gendarmerie de Vezins, décide de procéder à l’arrestation de son père et de son jeune frère Louis. La nouvelle s’est vite répandue et les curieux sont accourus à Destillous, la ferme des Bonnaterre. Quand en sortent le chef de famille et son plus jeune garçon, mains liées à la même chaîne, des murmures hostiles s’élèvent. On perçoit même un cri : « À l’échafaud ! ». Paralysé par la peur, Louis cache son visage d’adolescent dans les rebords rabattus d’un bonnet de coutil. Le patriarche, lui, ne plie pas sous les insultes. Tête haute, il crie fermement à travers sa blanche moustache gauloise :

« Laissez-nous ! Nous n’avons fait que punir des incendiaires qui méritaient bien ça ! »

Dès le lendemain, magistrats et gendarmes procèdent à une reconstitution en présence des trois accusés. Sur les lieux du crime, l’ambiance est lourde au hameau du Lac. Là où le chemin amorce une dernière course au seuil de rares bâtisses, le sol et les murettes de clôture portent encore les stigmates d’un bref et sanglant affrontement entre les deux clans rivaux.

Les policiers désignés pour figurer les victimes tiennent des rôles ingrats soumis aux indications très brouillonnes des prévenus qui ne manifestent aucun zèle à préciser leur parcours et leurs gestes. Aux interrogations des enquêteurs, les Bonnaterre répondent par monosyllabes confusément prononcées à voix basse. Elie et Louis affirment qu’ils ont couru droit vers la grange « dans le sillage du père ». Ce dernier dit que, renonçant à suivre ses fils qui empruntèrent un raccourci par les champs, il prit le chemin sinueux et parvint trop tard au Lac pour assister à la fusillade.

Paralysé par la peur, le jeune Louis se mure dans le silence. Son père et son frère s’accusent mutuellement au prix d’incessantes contradictions. De guerre lasse, le juge d’instruction renonce à pousser plus loin. Rassemblant les journalistes accourus au milieu de l’après-midi (Détective a notamment dépêché un reporter et un photographe), il lâche en guise de confidence :

« On a perdu la journée, faute de témoins. »

En effet – et c’est le seul point sur lequel les aveux des trois inculpés concordent – l’agression a mise aux prises les Bonnaterre face à quatre personnes. Très vite, l’enquête initiale établit que Campels, réfugié au Bois-du-Four dans la nuit de la fusillade, fait partie des victimes. Le malheureux, transporté à l’hôpital de Millau, est mort le lendemain sans avoir repris connaissance. Mais avant de s’écrouler dans les bras de ses sauveteurs, il a eu le temps de murmurer : « Ah, les sauvages ! Que vont devenir mes enfants ? »

Quant au quatrième homme, on a tôt fait de vérifier qu’il s’agit de Joseph Pons, apparenté à Lucien Salomon et ami de Costecalde. Par quel hasard a-t-il échappé à la fusillade ? Mettant la nuit à profit, Pons a pu se réfugier chez lui. Epargné par les balles, on croit tenir là l’unique témoin de la tragédie. Hélas, les enquêteurs ne peuvent recueillir sa version des faits : Joseph Pons, traumatisé par ce qu’il a vécu, a sombré dans une folie qui a exigé son internement à l’asile ruthénois de Paraire. La juridiction en vigueur ne permet pas au Parquet d’utiliser les propos d’un dément et de les exploiter en faveur de l’accusation.

Le patriarche disparaît !

En épluchant les collections de journaux aveyronnais de l’époque, on est étonné de la relative discrétion qui entoure un drame aussi sanglant. Pareil crime susciterait de nos jours des informations en pages pleines sous des titres en gros, à l’échelle d’un scoop. Mais replaçons l’événement dans le contexte des années trente : les quotidiens ne dépassent que rarement quatre pages. Et celles-ci sont alors largement consacrées à la visite qu’entreprend Albert Lebrun, président de la République, au chef-lieu ruthénois.

Ainsi, en date du 6 mai 1933, le quotidien  L’Union Catholique ne consacre-t-il qu’une cinquantaine de lignes pour dévoiler le crime sous un titre tout de même attirant : « Une épouvantable tuerie près de Vezins ». Le surlendemain, ce journal s’étend plus longuement à propos de l’événement, concluant par un bilan fort éloquent dans sa sécheresse : « La tuerie a fait trois cadavres, deux veuves et neuf orphelins, jetant un voile de deuil et d’horreur sur une région paisible et où l’on aurait jamais crû voir de pareilles atrocités ».

La presse locale reviendra sur l’affaire à l’occasion des obsèques des victimes. Aussi bien à Laclau pour Joseph Costecalde et Lucien Salomon que pour Campels à Saint-Léons dont il est originaire, les journalistes soulignent « la dignité des cérémonies qui se sont déroulées dans un silence pesant au cœur d’une population bouleversée… ».

À partir du 10 mai, un consensus semble établi entre les rédactions pour faire silence sur le triple crime tant que le Parquet ne livre pas de nouvelles révélations. Autres temps, autres mœurs… Tout juste si L’Union Catholique (dont les éditoriaux n’ont jamais redouté la polémique) adressent un coup de griffe en direction de confrères étrangers à notre région et jugés comme peu scrupuleux :

« Déjà, des récits romancés et même tendancieux ont paru dans certains journaux. On aurait bien tort de s’y fier pour se faire une opinion ! ».

En fouinant bien ici et là, on parvient à renouer les fils de cette sombre histoire. Il s’avère, par exemple, que des rancunes tenaces opposaient les clans des Bonnaterre et des Costecalde dont Adrien et Joseph s’affichaient volontiers comme les farouches patriarches reconnus du canton de Vezins. On a tout de même du mal à démêler comment ces chicanes tribales, si enracinées soient-elles, aient abouti à tant de violence. On comprend que les enquêteurs aient éprouvé du mal à discerner le rôle de chaque antagoniste. Deux certitudes : la provocation d’un clan a déclenché la vengeance démesurée des rivaux et l’on sait à quel clan attribuer le triple crime. C’est avec ces seules données que le juge d’instruction tentera de nourrir le dossier. Le cas de Louis Bonnaterre est clair. Ce gamin de quinze ans, même en admettant qu’il ait pu manipulé une arme (son frère aîné dit lui avoir seulement confié le soin de recharger son fusil) ne peut être considéré que comme un comparse dépassé par l’événement. Quant à Elie et à son père, désormais cadenassés dans un mutisme sans appel, comment savoir qui a tiré sur qui ? Du trio familial, le patriarche apparaît –même s’il n’a pas tiré – comme l’instigateur de l’expédition punitive.

L’instruction en est là lorsque survient un événement imprévu : Adrien Bonnaterre, hospitalisé à Millau aux premiers jours de 1934, décède des suites d’une maladie, le 4 février. Le patriarche de Destilhous s’en est allé sans rien livrer de son secret. Il disparaît avant que la Chambre des mises en accusation ait émis son arrêt de renvoi devant les Assises. Selon les requêtes de leurs avocats respectifs, Elie et Louis seront autorisés à saluer la dépouille de leur père.

Les deux garçons sont désormais seuls à répondre du triple meurtre du Lac…

Le procès en cour d’assises de l’Aveyron s’ouvre le 5 décembre 1934, vingt mois après la nuit sanglante.

Les feux de l’accusation vont se concentrer sur l’aîné des Bonnaterre. Elie entend sans broncher le bref mais redoutable exposé des faits. Après quoi, le président du Tribunal harcèle de questions le prévenu en souhaitant qu’il confirme s’être rendu à la gendarmerie pour décrire la fusillade et avouer y avoir participée. L’accusé esquive en se bornant à répondre systématiquement :

« Je ne me souviens plus de rien ! »

Un peu simpliste en guise de défense, même si la tragique nuit à la grange du Lac remonte à une vingtaine de mois. Dans les compte-rendus du procès, rien ne permet de discerner si son défenseur, maître Martin, est d’accord ou non avec la tactique adoptée par son client. Mais ni l’un ni l’autre ne possèdent une large marge de manœuvre, sauf de mettre tout sur le dos du « patriarche » défunt. L’avocat de Louis ne niera jamais que le fils ait participé à la fusillade, soulignant toutefois que le père en était manifestement l’instigateur.

Cela revient à annoncer implicitement que le défunt « plaide coupable ». Maître Martin ne sauvera la tête d’Elie Bonnaterre que s’il parvient à convaincre la Cour et les jurés de considérer que le crime n’a pas été prémédité…

Qui a cherché le crime ?

La partie s’annonce moins délicate pour le défenseur de Louis. C’est maître Marre, « jeune avocat du barreau de Rodez promis à un brillant avenir » qui a accepté d’assister le benjamin des Bonnaterre. Celui-ci, malgré ses dix-sept ans bien sonnés à l’heure du procès, apparaît comme un gamin victime, plus qu’acteur, d’un règlement de comptes criminel qui l’a dépassé.

On en arrive au défilé des témoins. Volubiles pour souligner l’antagonisme des deux clans. Ou laconique comme ce gaillard qui dresse le portrait du père Bonnaterre en cinq mots : « On le surnommait Lou Teynas ! ». (Le têtu ou le hargneux en patois local…).

Ces évidences ne contribuent pas à cerner la responsabilité des acteurs de la sanglante nuit. Seule intervention qui émerge des dépositions : celle de la mère des prévenus. Courageuse car seule à protéger ses enfants. Mais peu convaincante quand elle les désigne finalement comme « des victimes de provocateurs ».

Affirmation qui entraîne une vive réaction des avocats des parties civiles. Ceux-ci ont beau jeu de mettre en évidence l’influence du patriarche sur ses fils. Ils évoquent ensuite l’importance de la part prise par Elie dans la tuerie. L’un d’eux, maître Heim, retraçant les phases du drame, s’écrie à l’adresse des accusés :

« Ce ne sont pas les victimes qui l’ont cherché, c’est vous qui l’avez appelé ! »

La seconde journée du procès s’ouvre sur le réquisitoire du procureur. M. Espinasse enfonce le clou en confortant les arguments de la partie civile. Pour lui, le fait qu’Elie Bonnaterre se soit présenté à la gendarmerie de Vezins « spontanément, couvert de traces de poudre et de sang et se vantant d’avoir puni les incendiaires, suffit à le désigner comme l’auteur des coups de fusil ». Le magistrat, s’il admet que le père entretenait l’esprit de vengeance au sein de la famille, son fils, Elie pour sa part apparaît coupable de préméditation. M. de Labaume ponctue ainsi son réquisitoire :

« J’ai cherché des excuses en faveur des fils Bonnaterre. Je n’en ai point trouvé ! Je demande donc la peine de mort pour Elie. Quant à son frère, je laisse aux jurés le soin de décider de son sort. »

Maître Marre se lève pour défendre la cause de Louis. Sa plaidoirie est brève mais pleine d’émotion. Pour la clore, il s’approche tout près du banc où siège le jury :

« Vous l’avez compris, ce garçon qui n’était qu’un gamin au moment des faits s’est laissé entraîner. Rien ne permet d’affirmer qu’il était armé. Il a agi sous influence et sans discernement. Je vous supplie de l’acquitter, purement et simplement. »

La tâche de son collègue, maître Martin, s’avère plus périlleuse. Le défenseur n’a qu’une issue : axer sa plaidoirie sur l’absence indiscutable de preuves concernant la préméditation de son acte.

Deux heures de délibérations seront nécessaires au jury qui reconnaîtra Elie coupable du triple meurtre… mais en lui accordant les circonstances atténuantes après avoir écarté le grief de la préméditation. En outre, les jurés estiment que son frère Louis doit être confié, jusqu’à sa majorité, à un établissement de sauvegarde de l’enfance.

En conséquence, la Cour prononce contre Elie Bonnaterre la peine des travaux forcés à perpétuité. Quant à son frère Louis, il sera confié à une maison de rééducation grenobloise.

Au printemps de l’année 1936, six mois après son arrivée au bagne, Elie sera admis à l’hôpital colonial de Cayenne. Il y mourra de maladie et sans doute de désespérance, à l’âge de trente et un ans. Loin de son Lévézou natal.

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