Folie chinoise à Chanteloup
Au XVIIIe siècle, il y a Versailles, ses rois et la Cour… mais aussi Chanteloup, son château, sa pagode et son duc.
Un duc de Choiseul en disgrâce de Louis XV et qui, sur ce coin de terre de Touraine, en reconnaissance de tous ceux qui l’avaient aidé et entouré, voulut créer un lieu du bon goût et de la magnificence. Ne donne-t-on pas d’ailleurs à la pagode le nom de « monument de l’Amitié » alors que d’autres y voient un temple maçonnique où le duc de Choiseul aurait tenu des réunions secrètes.
Du personnage, il ne reste que la mémoire de l’Histoire ; du château, rien, dépecé qu’il fut en 1823 par un membre de la Bande Noire qui, après l’avoir racheté, le démantela pierre par pierre. Seule la pièce d’eau en demi-lune, l’ensemble forestier (14 hectares) et la pagode y trouvèrent grâce.
Admirable exemple des « Folies » du XVIIe siècle, à la mode chinoise, la pagode surplombe la vallée de la Loire du haut de ses quarante-quatre mètres, offrant un superbe panorama sur la forêt d’Amboise. Aux premiers temps, son sommet servait d’ailleurs de belvédère pour les grandes chasses organisées par le duc de Choiseul.
Construite entre 1775 et 1778 puis restaurée en 1910, elle s’élève dans le ciel à raison de six étages, en retrait les uns par rapport aux autres, un péristyle circulaire formé de seize colonnes et de seize piliers formant sa base.
À l’origine, la pagode s’élevait à la jonction de sept allées forestières, le chiffre sept, symbole maçonnique, se retrouvant à plusieurs reprises dans sa construction : sept niveaux, sept marches pour y accéder, seize piliers et colonnes (1+6 = 7)…
La légende raconte que le duc aurait fait graver sur une table de marbre blanc le nom de ses amis venus le visiter en dépit de sa disgrâce, avant de la faire retourner face contre le mur.
Combien d’autres histoires pourrait nous conter le miroir d’eau qui l’entoure ?
Département de l’Indre-et-Loire. Amboise.


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