Un village utopique en pays cathare
Le très riche marquis Louis-César de La Panouse ne peut être qualifié de gauchiste. Pourtant, copiant en cela les fameux phalanstères de Charles Fourier, apôtre du socialisme-utopique, il imagine dès 1872 un village singulier tenant à la fois de l’exposition coloniale et d’un modèle sociétal. On retrouve ici une architecture originale inspirée des quatre coins du monde qui s’organise autour du château du maître. Les styles se côtoient sans nuire à l’harmonie de l’ensemble. La maison flamande est accolée à une citerne mauresque ; le portique néo-classique jouxte sans complexe des maisons anglaises, allemandes ou turques.
À la fantaisie du mélange architectural s’ajoutent les décors fantastiques qu’on retrouve sur les hangars à vocation agricole. L’intention d’autarcie est évidente, le monde s’est invité dans le village et le village n’a pas besoin du monde. Pour autant, il ne s’agit pas d’une communauté. Le pouvoir est sans conteste concentré au château, mais le noble fondateur a le souci du confort des domestiques et des serviteurs qui font vivre cette immense propriété agricole bien à l’abri de l’instabilité politique de la période.
Le domaine de Saint-Rome, en plein cœur du Lauragais, concentre les rêves de son extravagant propriétaire imaginant un avenir meilleur dans un lieu idéal, exutoire commun aux utopistes de ce XIXe siècle face à un système social défaillant.
Département de la Haute-Garonne. Saint-Rome. Cinq kilomètres de Villefranche-de-Lauragais.


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